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Bandes riveraines








Le texte qui suit est un extrait du Plan Directeur de l'eau. Pour toutes les données, vous pouvez consulter le portrait et le diagnostic.
Zone de transition entre le milieu terrestre et les plans d’eau, la bande riveraine joue un rôle essentiel dans l’intégrité et la préservation de l’eau dans un bassin versant. En effet, la bande riveraine fortifie les rives contre l’érosion, assure la transition entre les deux milieux, ralentit l’apport en sédiments, filtre les polluants, prévient le réchauffement de l’eau en procurant de l’ombre et régularise le cycle hydrique puisque la végétation capte une portion des précipitations (ZIP Alma-Jonquière, 2007).
L’indice de qualité de la bande riveraine (IQBR) peut être utilisé pour dresser le portrait des bandes riveraines d’un bassin versant. Cet indice est basé sur neuf composantes, pour lesquelles sont évaluées visuellement le pourcentage de superficie occupée: arbres, arbustes, herbes, culture, friche ou pâturage, coupe forestière, sol à nu, socle rocheux, infrastructures. L’indice se décline de 0 à 100, et peut être divisé en cinq catégories, soit très faible, faible, moyen, bon, et excellent (Saint-Jacques et Richard, 1998).
Au cours des dernières années, l’OBVMR a caractérisé les principaux tributaires et plans d’eau de son territoire et a déterminé l’indice de qualité de la bande riveraine. Afin de caractériser les bandes riveraines, la rive a été divisée en sections de 15 mètres de largeur par 250 mètres de longueur pour les lacs et de 125 m pour les bandes riveraines de rivières et tributaires. Toutefois, plusieurs cours d’eau, principalement situés dans des zones agricoles, n’ont pas encore été étudiés. Il est important de cibler les endroits où la bande riveraine est de faible qualité ou possède une pente accentuée, ainsi que les zones de rivières représentant des habitats aquatiques potentiels afin de mieux cibler les zones prioritaires d’intervention. Dans le bassin versant de la rivière Ristigouche, cet indice a été calculé sur les berges des rivières Matapédia, Patapédia, Humqui, la Branche Nord, Sayabec, Assemetquagan, Milnikek et Causapscal. Il a aussi été calculé pour les berges sur certains ruisseaux, notamment de la Tannerie, Lauzier, Saint-Laurent, Tobégote, Normand, des Sœurs, Sablière, Orphelin 1, Orphelin 2, Orphelin 3, Orphelin 4 et Chaines de Roche, ainsi qu’autour des lacs Matapédia, Humqui, du Portage, Nemtayé et au Saumon. La rivière Escuminac n’a, à ce jour, pas été caractérisée. L’étude des photographies aériennes du bassin versant ne révèle toutefois aucune problématique particulière, la majeure partie de ce cours d’eau étant situé en territoire boisé. Il sera toutefois intéressant de bien caractériser la section aval puisqu’elle traverse un secteur urbain et, dans une moindre mesure, agricole.
Au total, ce sont 794 kilomètres de bandes riveraines qui ont été caractérisées dans le bassin versant de la partie québécoise de la rivière Ristigouche (Figure 109): 96 km autour des lacs (Figure 110) et 698 km le long des rivières et ruisseau (Figure 111). Comme montre la Figure 113, 54 % (426 km) de l’ensemble des bandes riveraines répertoriées sont en excellent état, et 19 % (154 km) sont en bon état. En tout, 27 % (215 km) des bandes riveraines ont un état considéré moyen, faible ou très faible. Ces chiffres sont très similaires lorsque seules les bandes riveraines aux abords des rivières sont considérées (Figure 112). Autour des lacs, c’est 33 % (32 km) des bandes riveraines qui sont en excellent état et 25% (24 km) en bon état (Figure 110). C’est 26 % (25 km) des bandes qui sont considérées comme étant en moyen état, 13 % (12 km) en faible état et 3 % (2.7 km) en très faible état.



La Figure 113 illustre les IQBR répertoriés pour chaque catégorie d’utilisation du territoire et l’ensemble des résultats est détaillé dans le tableau 42. De plus, un tableau synthèse qui reflète la qualité de la bande riveraine par station suivie et le type d’utilisation du sol est présenté à l’Annexe 9.
On remarque que ce sont aux alentours des forêts publiques, milieux humides, gravières, forêts privées et de la réserve faunique de la Patapédia qu’il y a le plus haut pourcentage de bandes riveraines classées comme excellentes ou bonnes (Forêt publique: 83 % Excellent, 6% Bonne; Milieux humides: 75 % Excellent, 6 % Bonne; Gravières: 64 % Excellent, 27 % Bonne; Forêt privée: 52 % Excellent, 25 % Bonne, Réserve faunique de la Patapédia: 100% Excellent). À l’inverse, en milieux urbain et agricole, se trouvent les pourcentages les plus élevés de qualité très faible à moyenne des bandes riveraines, suivis de près par les zones industrielles. Les bandes riveraines en milieu agricole, urbain et industriel comptent pour 20 %, 6 % et 1 % respectivement de l’ensemble des bandes caractérisées; tandis que la forêt privée et la forêt publique représentent 46 % et le 25 % des bandes riveraines caractérisées.

En considérant seulement les bandes riveraines aux abords des rivières (Figure 114), c’est dans la réserve faunique de la rivière Patapédia, les milieux humides, les forêts publiques et les forêts privées qu’il y a le plus haut pourcentage de bandes riveraines en bon ou excellent état. Par contre, pour les bandes riveraines de moyen ou très faible état, ce sont les milieux agricoles et les territoires urbains qui en comportent le plus haut pourcentage, suivi par le milieu industriel. Il est important de noter qu’aux abords des rivières, 21 % des bandes riveraines caractérisées sont en zones agricoles et 6 % en zones urbaines

Aux abords des lacs (Figure 115), ce sont les bandes riveraines des milieux humides, des gravières et des forêts (publiques et privées) qui ont le plus haut pourcentage de bandes en bonne ou excellente condition. Pour ce qui est des lacs, l’ensemble des bandes riveraines situées en forêts publiques compte pour 7,27 % des bandes caractérisées, tandis que 58% sont en forêts privées.

Les valeurs d’IQBR ont aussi été calculées pour les berges des rivières Assemetquagan, Causapscal, Matalik et Milnikek par tronçons homogènes de longueur variable. Ainsi, il n’est pas adéquat de les comparer entre eux. Les résultats pour ces quatre rivières montrent un indice de qualité de bandes riveraines excellentes. Quelques endroits problématiques ont été identifiés et sont situés sur la rivière Matalik. Ils sont associés à une zone de villégiature et à un décrochement de berge ponctuel.
Ces campagnes de terrain ont permis de soulever les principales lacunes de certaines bandes riveraines: faible capacité de rétention (sédiments, nutriments, contaminants), faible pouvoir de stabilisation (vent, glace, ruissellement), faible pouvoir de régularisation de la température de l’eau et finalement pouvoir d’évapotranspiration trop élevé. Il a aussi été noté que certaines bandes riveraines contribuaient au maintien de la biodiversité aquatique et terrestre.

